Les sources
Vichy n'a pas une eau : elle en a plusieurs, et c'est tout son art. Chaque source a son caractère — sa température, sa minéralité, son franc-parler en bouche — et le rituel du curiste consistait précisément à composer avec elles, sur ordonnance, du verre du matin au verre du soir. Les donneuses d'eau en étaient les interprètes : à chacune sa manière de servir, à chaque source ses habitués.
La Grande Grille, chaude et de caractère, tire son nom de la grille qui protégeait jadis le griffon de la convoitise des bêtes assoiffées ; Chomel porte celui d'un médecin d'autrefois ; l'Hôpital rappelle l'établissement qu'elle jouxtait ; Lucas, plus discrète, complète la famille du hall. Et puis il y a les Célestins — la fraîche, la pétillante, la mondialement embouteillée — dont le nom vient du couvent des Célestins établi autrefois sur la colline voisine.
Les sites du rituel
Autour des eaux, des lieux : le hall des sources et ses verrières, les parcs dessinés pour la promenade digestive, les galeries couvertes où l'on marchait son verre à la main, les kiosques à musique qui rythmaient la saison. Ce décor Belle Époque — l'un des mieux préservés des villes d'eaux d'Europe — fait partie du soin autant que l'eau elle-même : on ne se refait pas une santé de la même manière dans un couloir et sous une verrière.
Nos animations parcourent ces sites en racontant ce qui s'y jouait : les horaires sacrés, les toilettes des curistes, les célébrités de passage, les anecdotes de comptoir des donneuses. L'eau se boit ; l'histoire, elle, se donne — et c'est notre métier.